Méditation mai 2017 | Rencontres méditatives | Marianne Dubois

Méditation mai 2017

La confiance peut nous aider à avancer, à faire quelques pas vers nous-même et vers plus de lumière. Elle appelle des réalisations nouvelles, elle est notre matériel de construction du présent et de l’avenir.

Dans la méditation que nous pratiquons ensemble, il y a deux mouvements possibles : d’abord l’abandon des frontières, c’est à dire l’abandon momentané de l’égo, puis l’immersion dans l’unité, dans la totalité. Si nous pouvons ensemble vivre cette immersion, nous nous sentirons allégés, renouvelés, grandis. Nous sommes protégés par notre sensation d’appartenance à la terre, et nous sommes aspirés par une autre appartenance, appartenance à l’infini, à l’inconnu.

Nous avons trop tendance à nous identifier au négatif . Retrouvons ce jaillissement de la vie en nous. C’est une sorte de renouvellement constant de nous-même et du monde. Il est important d’avoir un regard lucide. Mais en même temps, laissons jaillir cette source qui vient des profondeurs, et qui est prête à nous transformer. Utilisons la créativité de notre esprit, pour qu’elle se transmette dans la matière, et devienne notre outil de transformation.

Une de nos entraves est cette envie constante de contrôler, mais qui veut ce contrôle ? C’est toujours le moi-je qui a peur. Voyons-le très clairement, le voir est déjà un pas vers la liberté. Parfois, il est nécessaire d’oser être soi-même, malgré une impression d’absurdité soufflée par l’égo. Voyons ce qui vient des profondeurs, c’est toujours inspiré, c’est juste. Il y a donc à développer le discernement entre l’envie et les besoins du petit moi, et l’élan vital qui nous porte plus loin. Nous pouvons alors.entrer dans la vision claire de ces deux mouvements : l’élan de protection, et l’élan de liberté . L’un établit des frontières, l’autre les fait sauter.

Nous vivons à une époque où il est possible de développer de nouvelles perceptions. L’exploration peut aller bien au-delà de notre petit univers personnel. De même que les sciences élargissent l’esprit humain, nous sommes amenés à élargir notre espace intérieur .Seule la peur nous limite, et nous empêche d’explorer. Toute manifestation engendrée par la peur, c’est-à-dire par les limites de l’égo, est porteuse de mort.

Nous pouvons commencer par explorer le monde de l’égo, le petit je qui n’est jamais satisfait, et qui en veut toujours plus. C’est en le reconnaissant, en l’aimant que nous pourrons le dépasser, ce n’est pas en l’ignorant. Nous verrons alors qu’il est possible de partager un immense amour, comme si l’humanité toute entière pouvait s’y reconnaitre. De nouvelles portes s’ouvrent dans nos cœurs. Quoi qu’il en soit, nous pouvons y souscrire car l’imaginaire est créateur.

Si nous sommes coupés du corps, nous sommes fragiles. Il y a donc à entrer dans cette conscience du corps pour parvenir à faire quelques pas sur le chemin de l’esprit. Cette expérience est l’expérience de la joie, elle n’est pas personnelle, elle nous ramène à la vie dans son essence. Cette joie est à cultiver, sa présence ne nous abandonnera pas même au moment de la mort. Elle nous ouvre à tout ce qui est beau et généreux autour de nous.

Ne nous laissons pas limiter par les événements positifs ou négatifs, retrouvons toujours cette essence qui nous relie et nous découvre l’au-delà des apparences. L’attention et la conscience nous sont nécessaires. Chaque petit pas vers la joie nous entraîne vers plus de transparence et de détachement. La joie nous délivre des limites que le mental s’obstine à inventer. Ainsi nous pouvons pacifier tout ce qui nous fait souffrir.

Les trois mots du jour sont : accueil, souplesse, tolérance
N’oublions jamais que nous sommes beaucoup plus que ce que nous croyons être.