Poèmes inédits de Marianne Dubois


Le jardin sans nom
et sans limite


Le Sans Nom, le Sans Limite m'est donné à présent sous la forme d'une sensation de douceur et de bien-être. C'est ta manière de te manifester en moi aujourd'hui, Toi qui es ce que je suis.

Tu guides ma plume très tendrement à la lumière d'une respiration nouvelle. L'étau s'est desserré et l'accumulation des taches fabriquées par un subconscient inquiet s'est allégée.

J'aperçois la liberté incroyable de créer mes réalités successives toujours plus vastes et plus transparentes. Le monde rigide des formes dans lequel je suis enfermée se désagrège comme une succession de nuages dissipés par le vent. Toutes ces prisons que j'invente ne sont qu'un replet de l'Être qui cherche à se comprendre lui-même à travers sa parcelle. Cette vision de l'existence développe une conscience qui s'élargit pour se dissoudre dans un mouvement infini. La peur et la culpabilité s'estompent même si elles surgissent encore parfois du fond de la caverne aux illusions. Elles semblent disparaître exactement quand s'efface ma croyance en leurs existences. Cette croyance implantée depuis l'origine des temps a construit la souffrance, la maladie, le désespoir et la folie.

Je glisse donc insensiblement vers cet autre état où la dépendance à quoi que ce soit disparaît tout simplement parce que je ne crois plus à cette dépendance.

Chaque fois qu'une inspiration jaillit de l'intérieur et me montre un certain aspect de ma vérité du moment je la laisse me remplir, me nourrir et disparaître pour accueillir une autre vérité.

D'inspiration en inspiration, de vérité en vérité je pourrai découvrir un nombre grandissant d'états d'existence. En laissant jaillir cette inspiration directement de la source et non d'un conditionnement aveugle ou mal relativisé, le faux-semblant n'aura plus droit de cité.

En vivant paisiblement une seconde après l'autre, avec la conscience d'avoir trouvé ma véritable identité, c'est-à-dire la tienne, celle du "Un", je suis à la fois toute chose, le vide et le plein, le connu et l'inconnu, le temps et l'absence de temps, le oui et le non, l'endroit et l'envers

Je suis au-delà du concevable, le mouvement créateur, la lumière éternelle et infinie.

Un petit pas de danse est choisi pour un moment ici ou là et ton rire me remplit de liberté, celle qui me dispense de croire que je ne suis pas toi. Je n'ai donc plus d'autres soucis que de te laisser rire en toute chose.

Si l'écran s'évanouit, si le brouillard se dissipe tu avances en moi, tu déblayes ma conscience de tout Ce que je crois qui n'est pas toi. En me délivrant de cette croyance le voile se déchire et ma vision s'éclaircit : je n'ai jamais été autre que toi. Ce savoir devient connaissance.

J'accepte maintenant de me laisser brûler, de me laisser être et agir au coeur même du feu créateur qui propulse à l'infini la VIE.