Ailes de l'Inconnu | Marianne Dubois

Les ailes de l’Inconnu


La joie comme un fleuve
Qui descend du ciel,
Energie foudroyante
Et pleine de rires,
Est-ce cela la fin du monde ?

Dans cette insondable liberté
Où plus rien ne s’emprisonne,
Où plus rien n’est attaché
Il reste les ailes
D’un souffle nouveau
Allégé de la folie
D’un « vouloir » exacerbé.

Le saut dans le vide
Se fait sans effort,
Les mots s’imposent
Et lentement se posent
Dans un monde
Où plus rien ne pèse
Où plus rien n’est important
Excepté la lumière nouvelle
Qui efface le temps.
Elle nous rend notre vie
Enfin dépouillée
Des mille tourments
Que le monde ancien
S’obstinait à nourrir.

Maintenant c’est le néant,
Le creuset des possibles,
Le visage endormi
D’une terre à venir.


Après la foudre et l’éclair
Qui nous traversent
Et nous propulsent
Vers d’autres naissances
Nous trouvons dans nos gènes
La puissance et le mouvement
Qui soulèvent en chacun
D’immenses respirations,
Un parfum de révolution
Et l’univers entier
En son battement triomphant
Voyage en nos cœurs
Au rythme de l’amour
De la tempête et du vent.

Quel est donc cet inconnu
Qui nous tire en avant
Et nous force à courir
Au devant de l’orage
Au devant du cahot
Pour que s’ouvre
La porte oubliée du destin ?
Pour que la conscience enfin
Surgisse des débris
D’une terre à refaire
Et s’éclaire d’un soleil
Que le cœur a construit.

Retrouver le grand fleuve
Qui serpente et nous relie
D’existence en existence
Puis s’élance et s’étire
Vers l’aube naissante
D’une liberté sans frontières.
Il apporte la puissance
Et le dépassement
D’une beauté triomphante
D’une clameur printanière


La force incandescente
Qui s’impose maintenant
Soulève les mondes
Vers d’autres possibles
Vers d’autres prières
Et porte le poids
De l’humaine douleur,
De l’humaine grandeur
Elle renouvelle sans trêve
L’ombre et la lumière
Qui transforme le cri
D’une terre en délire
Pour que s’achève
Le bruit de l’errance
Et du long parcours de la vie.

A travers les défis
D’une expérience choisie
Elle forge parfois
Des âmes dont l’audace
S’élance toujours plus haut
Vers des cimes improbables
Ou bien toujours plus loin
Sur des chemins
Dont la trace
Lentement s’efface
Dans la brume et le sable.

Reste-t-il parfois
Au creux silencieux
D’un matin d’hiver
Le secret caché
Le rayon mystérieux
Qui sauve et qui guérit ?
Il retrace la mémoire
Et le voyage incroyable
De ces âmes fortes
Qui jalonnent depuis longtemps
A travers le temps
Notre existence endormie.
Il réveille la ferveur
Et la voix indomptable
Que sans le savoir
Nous avons enfoui
Au cœur de l’oubli.

C’est le jour,
C’est le moment
Où tout recommence
Où tout se construit.
Adieu les ruines incertaines
D’un monde pourrissant
Qui s’écroule et se désagrège,
Adieu les banques
Adieu l’argent
Qui dévie les consciences,
Adieu les mensonges du pouvoir,
Ils s’ouvrent comme des fruits
Remplis de vers
Comment ne pas voir
Cette moisissure
Qui empeste l’univers ?
Ils insultent ceux
Dont la voix
Enfin se libère
Après des siècles de misère
Et d’écrasement.

C’est le jour
C’est le moment
Où la lumière
Eclate et se répand
Malgré la détresse
Et le découragement.
C’est la fin d’une prison
Que la bêtise édifie
C’est enfin l’écroulement
De ces constructions
Qui cachent le vol, la boursouflure,
La prétention et l’imposture.

La fulgurante trajectoire
D’un souffle qui nous transperce
Et nous rajeunit
Balaye un passé
Qui s’effondre
Et ne laisse pour l’instant
Que le vide et la division.
Laissons l’âme renaître
Sur les bords interdits
D’une révolte secrète
D’un premier jaillissement
D’une première envolée
Vers tous les printemps
Que la terre a portés.
Entendons les murmures
Qui préparent l’action
Après la dissolution
De nos croyances
Après l’explosion d’une pensée
Savamment imposée.

Soyons neufs
Cultivons la confiance
Qui permet de muter
De changer de niveau
De passer les portes invisibles
Qui propulsent
Toujours plus haut
L’envol de la conscience.


Soyons clairs
Et sans peur
Afin d’atteindre
La sagesse du cœur
Et celle de la beauté
Messagère éphémère
D’un présent éternel
Qui porte l’essence
Et le cri de l’infini.
C’est la forme parfaite
Et toujours à refaire
Qui dévoile nos rêves
Et leurs multiples visages
A la lumière d’un voyage
Accompli par l’esprit.